Défense du pastoralisme dans la loi Montagne – 12 octobre 2016

Communiqué

Ce mercredi soir 12 octobre, à l’Assemblée nationale, les députés ont abordé la question des grands prédateurs et du loup dans nos espaces alpins.

Karine Berger, Députée des Hautes-Alpes, salue le dialogue qui a eu lieu entre les élus montagnards et le gouvernement dans le cadre législatif du projet de loi de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne.

Elle a rappelé les récentes initiatives du gouvernement, notamment celles portées en matière de prélèvement.  Elle a cependant rappelé la catastrophe en cours pour les éleveurs et leurs troupeaux à la suite des politiques passées qui ont permis la reproduction massive du loup.

Karine Berger a dénoncé la situation désespérée à laquelle en espace montagnard nous étions conduits. Elle a explicitement déploré que nous ne soyons plus désormais face à une situation de loups dont l’espèce est à protéger, mais au contraire, de devoir dire que l’espèce à protéger, c’est désormais les brebis.

Il s’agit de faire face à la réalité des territoires de montagnes, où le loup massacre le pastoralisme.

Dans le cadre du débat, un amendement a ainsi pu être adopté, selon lequel les spécificités montagnardes devront être prises en compte, dans le cadre d’une gestion différenciée des grands prédateurs.

L’amendement voté a pour objectif de permettre aux territoires où la pression de la prédation est plus accentuée, de pouvoir bénéficier de leviers permettant la poursuite des activités agricoles sur ces zones en abaissant la pression des grands prédateurs.

Il vise à amplifier la réglementation en cours sur la régulation des grands prédateurs, notamment le loup et permettre à tous les territoires sous forte prédation, en particulier de montagne mais pas seulement, d’aller au-delà du cadre commun valable au niveau national et insuffisant pour faire baisser cette prédation au niveau local, au regard de la spécificité propre de ce territoire (ex : possibilité de prélever des meutes sur les zones où il y aurait une forte concentration de loups, etc.).

Retrouvez mon intervention à l’Assemblée nationale à la 4.01.20 minute

Dépêche AFP

Les députés ont adopté ce mercredi des amendements, contre l’avis du gouvernement, pour faciliter les tirs de prélèvement de loups dans les territoires de montagne en s’écartant du cadre juridique national et européen.

Adoptés à l’occasion du projet de loi Montagne, ces amendements présentés et soutenus par de nombreux élus de départements montagneux de tous les bancs précisent que «les moyens de lutte contre les grands prédateurs d’animaux d’élevage sont adaptés, dans le cadre d’une gestion différenciée, aux spécificités des territoires, notamment ceux de montagne».

« Une espèce invasive »

«Les loups se sont reproduits de manière massive, les espèces à protéger ce sont les brebis et non plus les loups. Le loup massacre le pastoralisme», s’est emportée la député PS des Hautes-Alpes Karine Berger.

Pour l’UDI Philippe Folliot (Tarn), «le loup est une espèce invasive».

Selon Annie Genevard (LR, Doubs), cet amendement permettra «d’autoriser davantage de tirs là où le danger est le plus manifeste».

Les textes ne seraient plus adaptés

Les auteurs de l’amendement jugent que «le principe de protection stricte des espèces contenu dans la Convention de Berne et la Directive Habitats n’est plus adapté pour ces grands prédateurs qui nuisent aux systèmes d’exploitation agro-écologiques de notre pays».

Le ministre de l’Aménagement du Territoire Jean-Michel Baylet a plaidé en vain que «la politique actuelle était équilibrée», rappelant que Ségolène Royal avait relevé de 12 à 36 le nombre de loups pouvant être tués chaque année, dans le cadre d’arrêtés préfectoraux.

L’indemnisation des éleveurs inscrite dans la loi

En 2015, près de 9 000 bêtes, essentiellement des ovins, tuées par des loups ont fait l’objet d’une indemnisation.

Les députés ont également voté un amendement de la rapporteure Bernadette Laclais (PS) pour que l’indemnisation des éleveurs soit inscrite dans la loi et pas seulement dans une circulaire.