Tribune « Gap en Mag » – Hôpital de Gap – juillet 2016

Le groupe Gap @venir publie chaque trimestre une tribune à l’occasion de la diffusion du magazine Gap en Mag. Voici la tribune publiée pour le mois de juillet 2016

Une grève a été décidée fin mai à l’hôpital de Gap par le personnel. Nous soutenons la mobilisation actuelle des salariés de l’hôpital de Gap et du Chicas. Cette mobilisation nait de l’annonce de dizaines de suppressions d’emplois dès 2016 dans le plan dit de de retour à l’équilibre proposé par la direction.  Il est vrai que l’hôpital fait face à un déficit chronique de plus de 3 millions d’euros par an. Malgré des financements permanents de l’Etat, le déficit ne se résorbe pas. Mais le plan de réduction du personnel ne s’explique pas du tout par ce déficit chronique. Il ne s’explique que par les travaux menés depuis 2008 dans l’hôpital de Gap. Car le remboursement du coût des travaux décidés en 2008-2009 et menés depuis lors ne débuteront que… l’an prochain ! Rien n’a été remboursé jusqu’à présent. Et ces remboursements d’emprunt vont doubler le déficit annuel de plus de 3 millions d’euros supplémentaires pour 30 ans… !

Bien sûr il faut trouver une solution pour faire face à ce déficit énorme annoncé. Mais il n’est absolument pas acceptable de faire porter le coût de la modernisation d’un hôpital sur le personnel de cet hôpital. Il n’est pas non plus acceptable qu’aucune économie sérieuse de fonctionnement autre que la masse salariale ne soit inscrite au plan. Quel intérêt d’agrandir un hôpital pour dans la foulée réduire le nombre de personnels qui accompagnent les malades dans cet hôpital ? Les patients ont d’abord besoin d’accompagnement : des chambres neuves mais sans  accompagnement ne servent pas à soigner. Ces suppressions d’emplois se feront non seulement au détriment des personnes hospitalisées, mais en plus cela creusera le déficit au final.

Nous avions dès 2008 exprimé notre opposition aux types de travaux envisagés par le gouvernement de droite de l’époque et soutenus par le maire actuel Roger Didier. Nous savions que les coûts étaient bien trop élevés pour l’objectif recherché. Que les agrandissements de l’hôpital de Gap en plein centre-ville ne répondaient pas aux besoins à venir de notre territoire.  Surtout ces travaux avaient été entrepris en sachant parfaitement que ce n’étaient pas ceux qui les décidaient qui auraient à les payer. Et maintenant que quelqu’un doit rembourser les travaux décidés à l’époque, le maire tente de faire oublier que la décision de l’époque qu’il avait tant soutenue était en réalité totalement irresponsable pour l’avenir et pour l’équilibre financier du système hospitalier gapençais. Nous attendons du maire un soutien total au personnel et aussi des solutions financières pour répondre aux problèmes financiers qu’il a lui-même contribué à créer. Quand on crée un déficit et que l’on met en danger la présence de certains services de soins dans sa propre ville, on doit assumer ses responsabilités.