Congrès PS de Poitiers – 5 au 7 juin 2015

Capture d’écran 2015-06-08 à 17.50.23Retrouvez mon intervention sur ce lien et le texte de l’intervention ci-dessous

La photo de groupe du congrès de La Fabrique…

Groupe La Fabrique

Photo famille

… et la photo de fin de Congrès

…et la photo des élus aux instances nationales de la Fabrique

instances nationales La Fabrique

Chers camarades

Permettez moi de remercier tous les militants qui ont pris part à ce Congrès, que vous ayez voté pour la toute première fois ou que vous soyez des grands habitués de nos scrutins internes, que vous ayez affiché une préférence pour telle ou telle motion, vous avez fait entendre votre voix, vous avez fait une différence.

Je voudrais aussi féliciter, les autres motions, Jean Christophe, Christian et Florence, pour leur campagne. Nous avons mené ce débat, car nous aimons profondément ce parti, et nous nous soucions de son avenir. C’est là une richesse commune que nous devons applaudir aujourd’hui.

Il est vrai que les débats, même au sein de notre parti, fournissent l’occasion aux cyniques de dire que la politique n’est jamais qu’un concours d’ego mais toute l’équipe de la motion D La Fabrique qui a fait campagne dans les sections et les fédérations en France vous racontera autre chose ; ils vous parleront de la profonde détermination de tous les militants pour lutter contre l’extrême droite, ils témoigneront de la joie de débattre au service de l’avenir de notre pays et du respect immense de notre Parti et ils vous parleront surtout de la volonté inébranlable de changer la vie des tous les Françaises et des Français qui comptent sur le Parti socialiste. C’est pour cette raison que nous faisons ce que nous faisons. C’est ce que la politique peut être. Nous avons tous nos opinions, et ça ne va pas changer après ce Congrès. Et cela ne doit bien sûr pas changer. Mais ces différentes opinions doivent être utiles.

Alors tout au long de ce congrès, la motion D La Fabrique a voulu être utile et a défendu une idée simple : quand la société évolue rapidement, il faut que les partis politiques évoluent encore plus rapidement. Sous peine d’être distancés par les populismes.

Mes camarades, le Parti socialiste, notre parti, est le grand parti de gauche qui doit se moderniser, muer, se changer afin d’être en mesure de rassembler en 2017 toutes les gauches. C’est-à-dire rassembler toutes celles et tous ceux qui ne veulent ni de la France individualiste et violente proposée par Nicolas Sarkozy, ni de la France isolée et xénophobe souhaitée par la famille Le Pen. Nous socialistes sommes les seuls à pouvoir rassembler toutes celles et tous ceux qui savent qu’être républicain c’est d’abord croire que la solidarité, l’ouverture aux autres et la confiance dans l’avenir sont les vrais socles de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Mais pour être la voix de la France de 2017, nous devons travailler dès aujourd’hui. Car malgré tout ce qui a été mis en œuvre depuis 2012, et que cela nous plaise ou non, les Français doutent de notre capacité à changer leur vie. Et ils nous l’ont clairement dit à l’occasion des dernières élections.

Travailler cela signifie être dans le concret. Pour donner du souffle à la deuxième partie du quinquennat et aussi construire la plateforme présidentielle de 2017. Pas le pragmatisme, mes camarades, qui s’apparente trop souvent au cynisme, non le concret, celui qui change la vie quotidienne de nos concitoyens, un concret fidèle à nos valeurs. Le concret c’est trouver toutes les solutions pour que ceux qui cherchent du travail dans notre pays en trouvent rapidement. C’est trouver les solutions pour que l’embauche en France en 2015 ne soit jamais, je dis bien jamais, un moment de discrimination, que l’on s’appelle Moussa, Jacques ou Aisha, et que l’on habite la campagne ou les villes, ce qui me permet de saluer cette belle idée du CV anonyme qui était portée par la motion A. Etre concret, c’est proposer des solutions pour que ceux qui ont besoin de se loger décemment ne soient pas obligés de demander l’aide de leurs parents s’ils sont jeunes ou d’aller habiter à des kilomètres de leurs lieux de travail faute de logement social. Ce sont d’abord ces réponses que les Français attendent de la part du Parti socialiste dans les deux ans qui viennent. C’est pour cela que dans la motion La Fabrique, nous nous sommes concentrés sur des propositions précises. C’est pour cela que nous avons proposé de mettre de la chair sur le beau projet de sécurité sociale professionnelle par la mise en place de 36 coupons formation utilisables par chacun à tout moment. Que nous pensons que les PME de notre pays doivent bénéficier de beaucoup plus de soutien que les très grands groupes. C’est aussi pour être concret que nous avons proposé de refondre entièrement le système de caution du logement en France.

Car nous tenons à la Fabrique à rappeler que le concret ne s’arrête pas à l’économie. Accepterons-nous, comme M.Gattaz, une économie où seuls quelques-uns s’en sortent de manière spectaculaire ? La réponse est non. Alors mes camarades, a mi chemin de ce quinquennat, nous devons nous rappeler que dans socialisme il y a social. Nous devons redevenir nous mêmes sur ce terrain là. Revenir sur le terrain du social, quand on est socialiste, ce n’est certainement pas débattre sur les seuils sociaux de représentativité au sein des entreprises. Non. Revenir sur le terrain social, quand on est socialiste, c’est imaginer et inventer les protections sociales face aux grandes détresses de demain. Jean-Christophe, je te soumets cette ambitieuse idée que nous avons par exemple proposés dans notre motion, celle d’inventer un service public des maisons de retraite face à l’angoisse de millions de familles qui n’ont pas les moyens de payer une chambre dans le secteur privé.

Notre différence avec la droite et les libéraux est au fond toute entière là. Dans cette idée que le collectif est le vrai porteur d’avenir. Nous croyons en une France généreuse, qui fait preuve de compassion, une France ouverte aux rêves des enfants d’immigrants qui peuvent étudier. Ouverte aux rêves de l’enfant d’ouvrier qui veut devenir scientifique, ingénieur ou entrepreneur, diplomate ou même président. C’est le futur que nous portons, nous socialistes, pour notre pays.

Le concret c’est aussi bien sûr ce qui manque cruellement à l’Europe pour les générations qui ont 20, 30 40 ans aujourd’hui. Comme l’a dit le premier ministre italien « Si l’Europe m’explique dans le détail comment on doit pêcher l’espadon mais qu’elle ne me dit rien sur la manière de sauver un immigrant qui se noie, cela veut dire que quelque chose ne va pas». Aujourd’hui, quelque chose ne va plus en Europe. Alors c’est à nous socialistes de faire en sorte que cela marche de nouveau. C’est à nous socialistes d’être fidèle à François Mitterrand qui nous a laissé la passion européenne en héritage. 10 ans après le non au référendum qui a divisé notre parti, nous te proposons Jean Christophe d’être le premier secrétaire qui portera avec d’autres partis socio démocrates, le projet d’un nouveau Traité de Maastricht qui réécrive ce qu’est l’Europe de 2015, quelles sont ses frontières, quelle est son identité, quelles sont ces batailles.

Alors certains nous ont dit pendant la campagne interne que cela n’était pas raisonnable lorsque nous étions en charge du pays. Qu’être responsable ce serait répondre à l’urgence de la gestion de notre pays en assurant avant tout le consensus. Et bien non, mes camarades, être responsable quand on est le Parti socialiste, dans la France de 2015, c’est justement défendre ses idéaux et ses convictions partout là où notre société doute.

Car un parti politique n’est pas un gouvernement. Il peut prendre des risques qu’un gouvernement ne prend pas. Il peut défendre des opinions qui ne sont pas consensuelles. Il est là pour se faire entendre. Il est là pour aller partout où notre société se divise aujourd’hui. Par exemple, comment le Parti socialiste défend la laïcité dans la France déchirée d’aujourd’hui ? Ce n’est pas la première fois que ce pays se retrouve à débattre sur la place de la religion dans la république. Mais quatre mois après le massacre de Charlie Hebdo et de l’épicerie casher, la situation est cette fois différente. Et donc la position du Parti socialiste doit être différente. C’est pour cela que nous nous exprimons contre la résurgence déplorable de l’antisémitisme. Mais c’est aussi pourquoi nous socialistes continuons de rejeter les stéréotypes insultants contre des musulmans.

Comment, quand on est socialiste, définit-on des frontières européennes face à la détresse absolue des frères migrants? Que faisons-nous face au progrès infinis de la science qui sauvent de plus en plus de vie mais autorise aussi les puissances financières à s’emparer des informations génétiques ? Et quelle est notre contre attaque face à la violence de la mondialisation financière ?

Avoir le courage de répondre à ces questions difficiles, c’est aussi cela aujourd’hui être socialiste. Et Jean Christophe tu as désormais la lourde tâche de construire avec tous les militants socialistes, les réponses à ses questions pour 2017. Tous les socialistes rassemblés, de la droite à la gauche de notre parti, car aucun socialiste ne doit manquer à l’appel pour la campagne présidentielle de François Hollande en 2017.

C’est pour être prêts, que nous allons nous mettre au travail dès le lendemain du congrès de Poitiers. Et pour que cela marche, notre parti doit changer. Changer notre parti cela signifie refaire entièrement confiance à ses militants. Notre Parti est riche de toutes les compétences de ces militants, qui sont prêts et enthousiastes bien sûr pour défendre notre gouvernement et aussi apporter leurs propres expériences. Le rôle de militant dans notre Parti ne s’arrête pas, ne s’arrête plus, à votre bulletin de vote. Nous devons redonner aux militants de ce Parti un poids dans l’exercice actuel de nos responsabilités.

Changer le Parti socialiste, c’est aussi le rendre exemplaire. L’exemplarité est la seule réponse possible face à la crise de confiance de nos concitoyens dans la politique. L’exemplarité dans l’adéquation entre nos actes et nos paroles. L’exemplarité dans nos comportements. L’exemplarité dans la parité. Et bien sûr, oui, face à ce mal typiquement français du cumul des mandats, l’exemplarité dans la lutte contre le cumul des mandats. Et l’exemplarité aussi dans la capacité de donner la parole et des responsabilités à la nouvelle génération de notre parti à qui nous passons le flambeau militant. Pour construire ce nouveau parti socialiste, nous avons du pain sur la planche ! C’est ce que La Fabrique vous propose. C’est ce que la Fabrique défendra tout au long de ces trois années. Un nouveau parti socialiste moderne, renouvelé, exemplaire, concret, qui parle à tous les Français, c’est ce que le peuple de gauche attend des socialistes. C’est ce qui nous permettra de dire de nouveau à nos concitoyens : face à la mondialisation, face à la violence, face à l’individualisme, oui nous pouvons « Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde. » Et mes chers camarades, tous ensemble, c’est ce que nous allons réaliser.

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