Communiqué – Dividendes du CAC 40 en hausse alors que le soutien public aux entreprise n’a jamais été aussi fort : où est la responsabilité ? – 9 février 2015

Karine Berger, secrétaire nationale à l’économie, la fiscalité et aux comptes publics

La distribution de dividendes retrouve ses sommets d’avant-crise, alors que l’année 2015 s’annonce difficile, que l’investissement ne redémarre pas et que le chômage ne cesse d’augmenter. Dans le même temps l’aide publique aux entreprises via le versement du CICE, n’a jamais été aussi forte qu’actuellement.

Ainsi, les entreprises du CAC 40 ont versé 46 milliards d’euros en cash ou en actions soit 25% de plus qu’en 2013. C’est plus que les profits dégagés par ces entreprises. Six groupes représentent la moitié des montants distribués, six groupes qui ont par ailleurs bénéficié des soutiens de l’Etat et des contribuables par le biais du crédit d’impôt compétitivité/emploi (CICE). L’Oréal a distribué 7,7 milliards de dividendes et a par ailleurs touché 8 millions d’euros au titre du CICE sur l’année 2013, somme dont il est estimé qu’elle s’élèvera à 12 millions d’euros au titre du CICE de 2014. Il en est de même pour Total qui a empoché 19 millions d’euros sur l’exercice 2013 et devrait toucher près de 29 millions d’euros pour l’exercice 2014. Sanofi a touché 11 millions d’euros sur l’exercice 2013 et devrait pouvoir compter sur un crédit d’impôt de près de 17 millions d’euros sur l’exercice 2014. EDF a touché 68 millions d’euros sur l’exercice 2013 et devrait pouvoir compter sur un crédit d’impôt de 102 millions d’euros sur l’exercice 2014. Orange a touché 79 millions d’euros sur l’exercice 2013 et devrait avoir un crédit d’impôt de près de 120 millions sur l’exercice 2014.

Alors que la Parti socialiste salue l’instauration en 2012 d’une taxe de 3% payée par les entreprises sur les dividendes versées, cette dernière ne semble pas être en mesure d’inciter à davantage d’investissement. Par ailleurs les entreprises du CAC 40 n’ont pas été le moteur de l’emploi en France l’an passé.

Où est donc la responsabilité des grandes entreprises françaises face à une France qui se précarise, où le chômage augmente et où l’investissement est à la traine ? Où sont les investissements dans les technologies d’avenir et la transition énergétique ? Où sont les baisses des tarifs d’assurance et de mutuelles chez Axa qui distribue près de deux milliards de dividendes ? Que l’on ne réponde pas que cela ne pourrait se faire qu’au prix d’une baisse de l’investissement due à une moins forte attractivité de la France. Il n’y a qu’aux USA que les dividendes versés sont supérieurs et la France a connu la plus forte hausse de dividendes versés.

Nous demandons donc instamment que ces entreprises soient à la hauteur de leur responsabilité, et que les efforts des contribuables français ne servent pas à enrichir une petite minorité d’actionnaires au détriment de la croissance et de l’emploi.