Etats Généraux du PS – ma contribution – La société de création, réponse socialiste à la mondialisation – septembre 2014

La société de création, réponse socialiste à la mondialisation

Qu’est ce qu’être socialiste dans la mondialisation ? Etre socialiste, ce n’est pas faire appel à la réforme, mot incantatoire si émoussé que, à la longue, il permettra d’aligner la France sur le modèle économique dominant. Etre socialiste, c’est d’abord refuser le modèle imposé de la mondialisation, celui hérité des droites libérales et porté par des intérêts financiers puissants, qui fantasme un conflit entre bonheur individuel et bonheur collectif et qui pose comme son premier ennemi notre idéal du progrès social. Etre socialiste, ce n’est pas pour autant refuser la réalité. C’est croire au contraire que la réalité de demain sera plus belle que celle d’aujourd’hui, que le sens de l’histoire ne peut être que le sens du progrès, et que ce progrès est certes économique, mais encore plus scientifique, social et politique…  Etre socialiste, ce n’est donc pas fuir le modèle imposé aujourd’hui par la mondialisation, c’est l’affronter pour le transformer. C’est croire que la France dispose de tous les atouts, de tous les héritages, de tous les talents, de toutes les volontés pour gagner à la fois la bataille économique de la mondialisation, et la bataille idéologique de son modèle dominant. Et puisque certains dans notre Parti prétendent encore que, dans ces batailles, nous aurions à démontrer notre amour de l’entreprise, je veux leur répondre que être socialiste, ce n’est en tout cas pas se contenter de lancer un appel aux chefs d’entreprises. C’est avant tout lancer un appel aux créateurs et aux inventeurs à l’intérieur des entreprises. Etre socialiste, ce n’est pas baisser les impôts des entreprises ; c’est leur imposer une fiscalité où l’invention, le risque et l’intelligence ne sont plus les premiers broyés par le modèle dominant de la mondialisation. Etre socialiste, ce n’est pas croire à la liberté des marchés dans la mondialisation, mais au contraire être certain que la régulation est la seule solution pour préserver la valeur et le progrès aujourd’hui et demain. Etre socialiste, c’est s’appuyer sur le rôle d’interpellation des hommes et des femmes de culture, sur notre étonnement face au monde, partout, y compris dans les entreprises. Etre socialiste, c’est s’entêter à choisir la société du savoir contre la société de l’avoir. Et même si l’Etat ne peut et ne doit régenter les forces de l’imagination, être socialiste, c’est croire que l’Etat est bien le seul à pouvoir garantir aux forces de l’imagination et du savoir qu’elles ne seront pas liquidées par la cupidité des plus forts. C’est, en d’autres termes, penser que la société de création est la réponse de la gauche à la mondialisation.