Contre la mort de la gauche – Critique dans Le Monde – 10 septembre 2014

coherence socialiste L’initiative part d’un constat, partagé par probablement l’ensemble des élus socialistes à la mi-temps du quinquennat de François Hollande : cela ne fonctionne pas. Après la déroute des municipales en mars, puis des européennes en mai, quatre députés socialistes ont ainsi voulu « mettre les choses à plat, essayer d’aller au-delà du ressentiment et de l’amertume pour voir ce qui “cloche” ». Dans ce but, Karine Berger (Hautes-Alpes), Yann Galut (Cher), Valérie Rabault (Tarn-et-Garonne) et Alexis Bachelay (Hauts-de-Seine), cofondateurs du courant Cohérence socialiste créé au début de l’été, ont publié, le 29 août, Contre la mort de la gauche. RÉNOVER LES INSTITUTIONS Souhaitant réhabiliter le débat, les auteurs y rappellent d’abord que le « changement de politique économique intervenu en novembre 2012 avec le pacte de compétitivité (…) décidé unilatéralement sur la base d’un rapport qui ne représentait rien ni personne ». D’où la nécessité de donner une vraie place au débat au sein de la majorité et d’« adapter nos institutions », afin d’éviter que ce genre de scénario ne se reproduise. « La seule solution, c’est de renvoyer le débat aux militants », explique Karine Berger. Les auteurs proposent ainsi que les états généraux du PS se saisissent « de l’ensemble des questions qui font débat : la politique économique, l’Europe, les territoires, la vie démocratique dans la Ve République, le positionnement de la France dans la mondialisation » avant « un congrès qui tranche les débats entre nous, au printemps 2015 ». A long terme, c’est une profonde rénovation des institutions qu’ils proposent, pour aller vers un système proche de celui des Etats-Unis, avec un Parlement plus fort : suppression du premier ministre (« Le citoyen ne sait plus qui est le responsable de la conduite de la politique de la nation »), suppression du droit de dissolution, validation des ministres par le Parlement (qui pourrait également les révoquer), réduction du nombre de parlementaires (à 400 députés et 100 sénateurs) à budget constant pour leur accorder plus de moyens, instauration de 10 % de proportionnelle pour l’élection des députés, tenue des sénatoriales à mi-mandat et à la proportionnelle intégrale et limitation du nombre de mandats à trois successifs. Ces réformes devront s’accompagner d’une modification de la Constitution. Pas question pour autant de parler de VIe République. « L’important, c’est de retenir les idées », explique Karine Berger, qui a un temps milité auprès d’Arnaud Montebourg mais ne veut pas brouiller le message avec le « symbole fort » d’une VIe République. Contre la mort de la gauche, Karine Berger, Yann Galut, Valérie Rabault, Alexis Bachelet, Cohérence socialiste, 140 pages, 5 euros.

Une réflexion au sujet de « Contre la mort de la gauche – Critique dans Le Monde – 10 septembre 2014 »

  1. Madame Berger ,
    J ai lu votre bouquin le mois dernier avec donc un peu de retard , Le terme passionnant ne serait pas adapté , mais les idées développées dans ce livre sont très intéressantes et tout à fait pertinentes Hélas pensez vous vraiment que cela va faire avancer les choses ? Ne s agit il pas d un coup d épée dans l eau ? J espère me tromper !
    J essaye par ailleurs quand j ai le temps de suivre vos interventions dans les médias (notamment sur votre blog)
    Je vous avoue que vous ne m avez jamais déçu , même si je ne partage pas tous vos points de vue , mais je suis d accord sur la plupart
    Avec vous pas de langue de bois , pas de réponses à coté des questions posées , beaucoup de finesse d analyse , on sent toujours l économiste brillante qui domine son sujet , également beaucoup d intelligence et de conviction dans vos raisonnements C est très difficile de ne pas ètre au final convaincu par vos arguments , sauf bien sur pour les adversaires politiques qui ont une idéologie à l opposé de la votre et de la mienne
    Madame Berger je vais vous faire un compliment qui ne va certainement pas vous plaire ou du moins vous déranger : Le parti socialiste actuel ne vous mérite pas ! Ces gens là ne savent pas ce qu est la compétence ni le talent Il suffit de regarder la personnalité et parfois l imbécilité des membres du gouvernement Et je crains fort que çà n aille pas en s arrangeant
    Continuez à ètre vous même, surtout ne changez pas ,vous ètes une des trés rares personnalités politiques qui ne me donne pas envie d éteindre la télé au bout de cinq minutes , bien au contraire
    Merci Karine Berger pour tout ce que vous faites , avec l énergie et la sincérité qui vous caractérisent

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