Mon allocution pour la commémoration du 19 mars

Madame, Monsieur, je ne peux être présente avec vous aujourd’hui pour rendre hommage à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et vous prie de bine vouloir m’excuser.

Plus de dix ans après sa première adoption par l’Assemblée nationale, la loi du 6 décembre 2012 achève la reconnaissance des sacrifices consentis par tous ceux qui ont perdu la vie durant cette guerre. Je tiens à saluer ce choix historique et symbolique très significatif qui doit servir de point d’appui pour la mémoire et l’histoire car l’oubli et le déni ne font qu’aggraver le ressentiment et la haine.

Je remercie toutes les personnes et plus particulièrement les membres et les instances de la FNACA qui ont œuvré sans relâche depuis 50 ans pour la reconnaissance de cette Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement des Victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Je sais que cette question suscite le débat dans le monde des anciens combattants et dans la société. Il ne s’agit pas ici de blesser les uns ou les autres et encore moins de nier la réalité historique complexe de cette guerre douloureuse.

Le 19 mars 1962, date des Accords d’Evian instaurant le cessez-le-feu, ne marque certes pas la fin de la guerre. Des combats, des actes et des crimes tragiques ont également été commis après ces accords. Il n’en demeure pas moins qu’ils signent le tournant historique de cette guerre qui ne disait pas son nom. Il est essentiel de reconnaître la souffrance de certains, en particulier les rapatriés et les harkis, mais aussi d’assurer la transmission aux générations futures du souvenir de ces années de guerre et de leurs dizaines de milliers de victimes. Nos valeurs républicaines et humanistes doivent nous encourager à poursuivre le chemin de la réconciliation.

L’inscription à l’ordre du jour du Parlement et le vote de ce texte de Loi était l’un des engagements que j’avais pris devant vous. Cet engagement du Parti socialiste est aujourd’hui tenu.