Quelques réflexions de politique économique…

La crise que nous traversons aujourd’hui n’est que conjoncturelle. C’est un manque de demande globale, comme le montre la contribution très négative de la demande intérieure en 2012 en France et le très faible taux d’utilisation des capacités de production actuellement. 5 ans plus tard, nous payons toujours, en termes de chômage et de production, la crise de la finance folle de 2008, car une crise qui déstabilise le système bancaire est toujours beaucoup plus néfaste au cycle économique et crée des périodes de récession plus longues. La fin de cette dépression de la demande est la seule condition pour enclencher la sortie de crise en 2013. C’est toute la bataille menée au travers des mesures de soutien au pouvoir d’achat des plus modestes depuis 8 mois, et du plan d’investissements dans les secteurs d’avenir annoncé cette semaine par le Premier Ministre.

C’est parce que la sortie de crise serait compromise par des mesures supplémentaires de réduction des dépenses publiques ou de hausses des prélèvements obligatoires que François Hollande et Pierre Moscovici, aujourd’hui même, rejettent l’austérité réclamée par la droite et refusent « d’ajouter de l’austérité à la récession ». Cet argument est d’ailleurs entendu par la Commission européenne qui entérine le renvoi à 2014 de l’objectif d’un déficit de moins de 3% de PIB pour notre pays. Cet objectif demeure bien sûr crucial pour la France et doit être atteint le plus vite possible.

En revanche, les prévisions de déficit pour 2014 de la Commission européenne doivent être prises avec distance car elles n’intègrent pas les mesures déjà actées par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en termes d’économie de dépenses à horizon de 2017.  En outre les recommandations de la Commission européenne, d’orientations très conservatrices, doivent être mises en balance avec la volonté de construire une réponse solidaire, au niveau européen, à la crise que nous continuons de traverser  et bien sûr à l’objectif primordial de maintenir notre système de protection sociale. La sortie de crise est proche, grâce non seulement à toutes les mesures mises en place depuis 8 mois notamment sur le marché du travail (emplois d’avenir), la politique budgétaire doit être conduite dans le souci de cet équilibre permanent : protéger les ménages Français des conséquences sociales de cette période économique difficile, et rendre à la France sa souveraineté budgétaire en se libérant de la contrainte de la dette publique astronomique, héritage des 5 dernières années.

Une réflexion au sujet de « Quelques réflexions de politique économique… »

  1. Mon âge m’a permis de connaître: a) le plan de « stabilisation » de 1964 (M. Giscard d’Estaing); b) le plan de « refroidissement » de 1974(M. Jean-Pierre Fourcade); c) le plan de rigueur de 1995 (M.Alain Juppé); d) le plan fiscal de 2012 (M. François Hollande).
    Je cite ces quatre moments car ils ont un point commun: l’augmentation sensible des impôts, spécialement sur les entreprises.
    La nouveauté de 2012-2013 est la lassitude des entrepreneurs. C’est un sentiment nouveau à ce point. On a l’impression que les producteurs sont à bout. Il y a un découragement qui explique peut-être l’erreur de prévision commise par Madame Berger pour 2013 et qu’elle reconnait dans Le Nouvel Observateur. Espérer, ainsi que l’annonce Madame Berger une reprise au second semestre 2013 semble bien aventuré.
    Ce n’est pas une critique: c’est un essai d’explication.

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