Plan Ayrault de sursaut industriel – communiqué commun

Guillaume Bachelay, Laurent Baumel, Karine Berger, Pierre-Alain Muet, Valérie Rabault

Députés socialistes et membres de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale

Annonces du Premier ministre : le plan du sursaut industriel

Le plan annoncé par Jean-Marc Ayrault engage le sursaut industriel dont le pays a besoin. Au cours des dix dernières années, la droite a abandonné l’industrie, ses emplois, ses territoires. En témoignent trois funestes records : record de perte d’emplois industriels, record de déficit commercial, record de fermetures d’usines.

Parce que l’industrie a été affaiblie entre 2002 et 2012, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault propose une stratégie globale pour sa reconstruction.

Nous nous félicitons que le Gouvernement choisisse de mettre au cœur de son plan de sursaut industriel la bonne compétitivité, c’est-à-dire la compétitivité fondée sur l’innovation, la recherche, la formation, la qualité.

La montée en gamme des produits français est la clé de la reconquête par les PME françaises des marchés à l’étranger. Nous accompagnerons le Gouvernement dans toutes ses propositions pour structurer les filières industrielles autour de réseaux de compétences donneurs d’ordres/sous-traitants, financer les PME afin qu’elles consolident leur structure financière et grandissent pour affronter dans de bonnes conditions la concurrence internationale, renforcer la politique de soutien à l’innovation au sein des entreprises, muscler notre politique commerciale.

Nous saluons la volonté de faire du dialogue social un pilier de la compétitivité de l’économie après dix ans de stigmatisation des partenaires sociaux. Oui, la participation des salariés et de leurs représentants à la définition de la stratégie industrielle est un atout pour chaque entreprise.

Nous soutenons la volonté de mettre en place des filières de production. Nous applaudissons la volonté de réformer le financement de notre économie avec la création de la Banque publique d’investissement. Nous approuvons la simplification et la stabilisation du cadre fiscal et réglementaire, décisives pour nos entrepreneurs comme pour les investisseurs extérieurs.

Concernant la compétitivité dite prix, le soutien aux marges des entreprises de notre pays est indispensable pour leur permettre de retrouver des capacités d’investissement et d’embauche. Pour renforcer encore l’efficacité du dispositif conçu par le Gouvernement, nous proposons que le « crédit d’impôt emploi compétitivité » soit ciblé sur les PME, avec une modulation selon la taille de l’entreprise, et conditionné à l’interdiction d’augmenter les dividendes ou de réduire la masse salariale. Ces compléments pourront être utilement débattus lors de la discussion parlementaire.

4 réflexions au sujet de « Plan Ayrault de sursaut industriel – communiqué commun »

  1. On a tout de même du mal à croire que vous soyez complètement satisfaite si l’on se fie à votre billet sur le blog héberge par alternatives économiques il y a une semaine: le crédit d’impôt est financé grâce à une hausse de la TVA et une baisse des dépenses publiques. Ce qui était récessif selon les estimations du modèle MESANGE.
    Doit on s’attendre, pour atteindre l objectif de passer sous la barre des 3 % de déficit en 2014, à une kyrielles de nouvelles taxes ou à une saignée dans les dépenses puisque les mesures prises aujourd’hui risquent de peser sur la croissance du PIB.

    Pourquoi ne pas profiter de ce rapport et du travail du comité du financement de la protection sociale pour dire:
    – le travail ne peut à lui seul supporter le financement de la PS (surtout si la base se réduit en raison d’une hausse du taux de chômage structurel), et qu’un transfert d’imposition des CS vers un autre impôt est envisageable.
    – il faut diversifier les sources ce qui peut être l occasion de lancer le chantier de l’IR en le fusionnant avec la CSG qui deviendrait un impôt progressif; de remonter certains taux de TVA sur des secteurs protégés de la concurrence et ne faisant l objet d’aucune autre justification de bénéficier d’un taux réduit.

    Pardonnez moi Karine si je pense que ce soir vous êtes tout de meme un peu déçue des mesures prises aujourd’hui hui.

  2. Pardonner mon léger sourire à la lecture du dernier paragraphe.
    Si l’on eut voulu que le CIEC soit ciblé sur les PME (industrielle, vous avez oublié le mot industrielle, non ?), on l’aurait d’une part précisé et d’autre part 20 MDEUR serait peut-être un montant un peu excessif, non ?

    Je crains que Airbus, BNP, Areva, Axa, Carrefour (bref des gens qui n’ont aucun problème de compétitivité, ils en ont d’autres) n’exigent leur part du gateau.

    Mais, dans le soucis de ne pas gacher l’argent public, j’adore l’amendement surprise. Rien qu’un petit amendement conditionnant le CIEC à « l’interdiction d’augmenter les dividendes ou de réduire la masse salariale », devrait calmer les appétits. Bon courage.

  3. très bien dit.
    ne faut-il pas l’adosser à une politique de change qui permettent aux PME de lutter avec des armes moins inégales dans la zone dollar ou en Chine?
    En tout cas replacer la qualité au cœur des activités des entreprises industrielles ou de service, c’est vraiment une bonne nouvelle.

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