Une réflexion au sujet de « Portrait dans M Le Monde 27 octobre »

  1. Une députée intelligente et jolie – oui, je suis sensible au charme féminin. En même temps, qu’attendre d’autre d’un Français ? – qui sait utiliser Internet et les réseaux sociaux, s’exprime clairement et de manière intelligible et surtout, qui réfléchie par elle-même…Je vais finir par croire que la chance sourit enfin à la France !

    Je ne vous connais pas encore très bien, mais les débuts sont prometteurs. J’espère bien vous voir chambouler un peu l’Assemblée Nationale, qui en a bien besoin.

    Faire un sort aux vieilles habitudes néfastes qui y persistent – du style voter une loi (peu importe son « rang ») à onze ! A quand l’obligation de voter en journée (1) et uniquement lorsque 51% des députés élus (et non pas seulement présents !) sont là (2) ? – ne serait pas une mauvaise chose. Ne serait ce que pour redonner un sens au terme de représentativité !

    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/11-deputes-pour-voter-un-fichage-97255
    http://assembleenationale.blogs.liberation.fr/assistant/2012/09/de-la-transparence-au-parlement-.html

    Agir comme un ami – et non un serviteur – envers l’Exécutif, serait tout aussi appréciable. Je comprends la nécessité de la discipline de groupe – après débat – sur une thématique. Mais quand cette discipline vise à légitimer une trahison du mandat représentatif (= profession de foi) je pense que c’est précisément la mission des parlementaires de rappeler (et peut être même de contraindre) le Gouvernement à reprendre le cap fixé par les Français lors des élections.
    Certes, l’Exécutif maugréerait au départ. Mais ne vaut il pas mieux être un ami, qui ramène sur le droit chemin celui qui s’en est écarté…Qu’être un serviteur zélé, qui bien que conscient du péril encouru à renoncer, dériver ou prendre des chemins de traverse…Accepte les couleuvres qu’on lui sert, pour plus tard se lamenter de son sort lorsque ceux qui lui avaient donné leur confiance, le renvoient ?

    La mission prioritaire d’un parlementaire, c’est çà : veillez à ce que le mandat qu’il a reçu soit exécuté. Ce n’est pas « soutenir » l’Exécutif. L’appuyer, oui, quand il vise à son accomplissement. Lui rappeler ses devoirs – en le grondant et/ou en s’abstenant ou en votant contre si nécessaire – quand il s’en écarte. Ni plus, ni moins.

    Pour un citoyen, il n’y a, en effet, rien de plus désagréable que de se sentir trahi. Et c’est encore plus déplaisant quand l’élu ou/et l’Exécutif, cherche à légitimer ladite trahison, sous le sceau de la « discipline » ou de la formule bien connu de « there are not alternative » !

    J’ai lu, par ex, votre plaidoyer en faveur du TSCG.
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/19/il-faut-voter-le-traite-budgetaire-europeen_1762328_3232.html

    C’es bien écrit, il y a quelques anecdotes sympathiques et aussi une certaine passion dans vos propos. On comprend bien, vous le soulignez à juste titre, que le Président n’est pas seul à décider et que la diplomatie exige des contreparties.

    Formidable…Sauf que tout ceci, le candidat HOLLANDE, le PM actuel, comme surement vous même, le saviez du départ. Cela ne vous a pas empêché, à titre personnel ou/et collectif, de vous engager à obtenir un accord – conditionnant la ratification du TSCG – beaucoup plus ambitieux que celui obtenu. Expliquer, après l’élection, que désormais la chose n’est plus possible, est faire preuve soit d’amateurisme, soit de profond cynisme.

    Il n’est dès lors pas surprenant que des élus et même des Ministres – certes pas directement mais via leurs soutiens – aient cherché à rappeler au PS (et donc à ses membres) que la ratification du TSCG était conditionnée à l’obtention de deux choses : l’attribution de nouveaux rôles pour la BCE (1) et la reconnaissance de la croissance et de l’emploi comme piliers de la politique européenne. (2)

    Ces deux avancées, nécessitaient une révision du TUE et du TFUE. En effet, seule une révision des traités existants peut permettre d’attribuer à la BCE de nouvelles missions. Quant à vouloir faire « contrepoids » aux réglements européens austères, repris dans le TSCG…Il n’y avait qu’un seul moyen pour cela : faire reconnaitre croissance et emploi comme des « objectifs » de l’UE – au même titre que la concurrence libre et non faussée par ex – ce qui, là encore, ne pouvait être possible qu’en révisant les traités.

    Il était facile, pour le Président, d’obtenir le soutien de ces pairs sur ces sujets. Dix d’entre eux, en effet, supportaient déjà semblables mesures, dixit euractiv et J. QUATREMER !

    Au lieu de çà, le Président a ramené un TSCG pas même amendé et s’est félicité d’avoir obtenu un « pacte de croissance » qui ne fait pas le poids, juridiquement, face aux traités. Et comme vous le savez, un traité a primauté sur ce qui lui est inférieur, au même titre que la Constitution sur la loi. Comment pourrait il, ce pacte, faire « contrepoids » dans ces conditions ?

    Les lignes ont peut être bougées en Europe…Mais le Président n’a pas utilisé les atouts qu’il avait et c’est grand dommage. Un peu plus d’amitié et un peu moins de servilité, auraient été de bon augure, tant pour la France que pour l’UE…

    J’espère que vous partagez cette vision des choses et que vous agirez – avec l’aide de votre « génération » – pour que l’ensemble de vos pairs arrivent à faire la distinction entre la servilité et l’amitié, l’aveuglement et le soutien lucide, le pays et l’Etat.

    Vous avez – même si c’est peu – toute mon amitié et mon soutien, dans cette grande aventure qui est vôtre.

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