Portrait par l’agence Sipa

PARIS (Sipa) — Ils ont autour de quarante ans, sont jeunes députés et plus que jamais sollicités par les médias. Tous trois sur les rangs pour intégrer la future direction du PS, Guillaume Bachelay, Karine Berger et Olivier Faure incarnent la génération montante du parti, qui défendra ses couleurs lors du congrès du PS à Toulouse à partir de vendredi.

Assuré d’être le numéro 2 d’Harlem Désir à la tête du PS, Guillaume Bachelay a toujours une formule percutante à la bouche. « On ne se refait pas », glisse-t-il à Sipa. « Il ne faut pas que ce soit une gauche ‘one shot' », plaide-t-il, persuadé que sa génération a un défi historique et inédit à relever: transformer et ancrer la gauche dans la durée.

Qualifié par certains de « Guaino de gauche », le député de Seine-Maritime, âgé de 38 ans, a la réputation d’être un flingueur. Longtemps plume de Laurent Fabius, rédacteur du projet socialiste pour la présidentielle, on lui prête les formules assassines que Martine Aubry a lancées à François Hollande pendant la primaire socialiste. Et c’est lui qui joue Nicolas Sarkozy pour préparer le candidat socialiste – pas rancunier -au débat d’entre-deux-tours.

Modeste, Karine Berger, pressentie pour être porte-parole du PS, tient à préciser à Sipa: « Il n’y a aucune certitude ». A 39 ans, la polytechnicienne, spécialisée en économie, sait néanmoins qu’elle bénéficie d’une reconnaissance fulgurante au sein du parti.

Catapultée secrétaire nationale à l’Économie en juillet, elle raconte: « Martine Aubry m’a dit : ‘Moi je n’ai pas peur de donner les rênes à de nouveaux élus plutôt jeunes' ». Encartée depuis 2000, élue députée des Hautes-Alpes en juin, elle veut y voir un témoignage de confiance mais aussi « une vraie preuve d’ouverture du parti « .

Également sur les rangs pour le porte-parolat du PS, Olivier Faure se présente lui-même comme « un produit de synthèse ». A 44 ans, ce juriste de formation a déjà expérimenté les arcanes du pouvoir dans l’ombre de Martine Aubry (au ministère de l’Emploi dans le gouvernement Jospin), de François Hollande (au PS) et de Jean-Marc Ayrault (à l’Assemblée nationale).

Alors le député de Seine-et-Marne, un temps pressenti pour être numéro 1 du PS à la place d’Harlem Désir, se sent pousser des ailes: « on se sent libéré d’une contrainte (…) on n’est plus obsédé par l’idée de ne pas trahir la pensée du chef », raconte-t-il à Sipa. Depuis la rentrée, il se prête volontiers au jeu des médias en débattant le mardi soir avec le jeune sarkozyste Guillaume Peltier sur BFMTV.

« En revanche, il y a plus de risque à être soi-même exposé », admet-t-il. Karine Berger – que certains présentent comme la femme alibi d’un casting très masculin – en sait quelque chose. « Des élus m’ont dit clairement que j’acceptais trop de présence dans la presse », avoue-t-elle. « Des anciens plus que des jeunes », lâche-t-elle.

« Il y a assez peu de gens qui acceptent de s’exprimer sur l’économie », se défend cette proche de Pierre Moscovici. « Je suis surtout l’une des très rares femmes qui veut agir et m’exprimer sur ses sujets-là ».

Accaparé par son travail de terrain, comme il le souligne, ou plus prudent, M. Bachelay, lui, se fait plus rare sur la scène médiatique. « Il faut faire attention à la lumière. C’est comme le soleil. Il ne faut pas en abuser », estime-t-il. Et de lancer une pique à ses camarades: « On n’est pas obligé d’avoir un avis sur tout toutes les heures (…) Moi, je suis plutôt du genre à faire… puis à faire savoir ».